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Mar 06, 2008 statement by Mario Silva on the issue of L’Iran, une menace multiple pour la stabilité mondiale

Statement par Mario Silva


M. Mario Silva (Davenport, Lib.): 

    Monsieur le Président, hélas, les êtres humains que nous sommes sont trop souvent confrontés à la réalité suivante: il y a des gens qui, pour une raison ou pour une autre, sont prêts à infliger à leurs congénères des sévices qui témoignent d'une cruauté et d'une haine inimaginables.

    Si l'on veut oeuvrer à l'instauration d'un monde plus stable et plus pacifique, il faut que les violations des droits de la personne soient vigoureusement dénoncées. C'est le dalaï-lama qui a dit: « Pour que la paix soit durable, il faut absolument que les droits de la personne soient respectés. »

    Malheureusement, l'histoire regorge d'exemples de cas où la paix a été compromise par simple indifférence, peur de l'affrontement ou conviction que rien ne pourrait changer le cours des événements dans un État ou une région donnés.

    Les deux pays mentionnés dans la motion, soit le Soudan et l'Iran, sont en effet des pays où les droits de la personne sont visiblement et constamment violés. Le comportement de ces deux États qui utilisent des moyens systématiques et institutionnalisés justifie pleinement une intervention de la communauté internationale.

    L'ampleur des souffrances humaines au Darfour est tout simplement incroyable. Cela est absolument et tout à fait inacceptable. Le rapport de 2005 des Nations Unies confirme que les massacres, la torture, les viols collectifs, les exécutions sommaires et la détention arbitraire sont une réalité au Darfour.

    Les Nations Unies ont adopté pas moins de 15 résolutions concernant la violation des droits de la personne au Soudan. La résolution 1590 des Nations Unies, adoptée en 2005, ordonne la mise en oeuvre de l'Accord de paix sur le Darfour que le Soudan continue de défier en pratique. La résolution 1706, adoptée récemment, prolonge le mandat jusqu'au 15 octobre 2008.

    Cette situation est intolérable et la violence continuelle perpétrée contre les habitants du Darfour est une plaie pour le monde entier.

    Dans un même ordre d'idée, la situation en Iran est totalement inacceptable dans le contexte du droit international en matière de droits de la personne et en ce qui concerne les normes les plus fondamentales s'appliquant aux comportements appuyés par l'État.

    Il suffit de regarder la multitude de preuves confirmant les violations des droits de la personne en Iran. Ces violations touchent les dirigeants syndicaux, les groupes religieux, les dissidents, les gais et lesbiennes, les femmes et les journalistes, pour ne nommer que ceux-là.

    Les Canadiens sont au courant des actes répréhensibles des autorités iraniennes qui ont entraîné la mort de la journaliste Zahra Kazemi. Le procureur iranien, le général Saïd Mortazavi, en particulier, doit répondre de ses actes devant la justice.

    J'ai présenté à la Chambre une motion demandant la tenue d'une enquête criminelle internationale sur le général Mortazavi et je continuerai d'exiger des mesures relativement à ses agissements.

    Le 22 février dernier, le groupe Human Rights Watch a pressé l'Iran de cesser d'exécuter des mineurs. Comme dans la majorité des cas, on remet en question la validité même des prétendus crimes.

    Ce matin, Mme Shirin Ebadi a témoigné devant le Sous-comité des droits internationaux de la personne au sujet de la violation des droits de la personne en Iran. Mme Ebadi a reçu le prix Nobel de la paix en 2003 pour son travail dans le domaine des droits de la personne et de la promotion de la démocratie.

    Nous savons que l'Iran appuie et encourage ces violations directement ou indirectement par l'entremise de différents groupes et organismes. Nous parlons ici de mesures d'une brutalité absolue qui sont totalement incompatibles avec la Déclaration universelle des droits de l'homme des Nations Unies ou la Déclaration et le Programme d'action de Vienne qui confirment l'universalité des droits de la personne, pour ne nommer que deux conventions internationales régissant la conduite des États.

    Le moins qu'on puisse dire, c'est que la situation dans ces deux pays est plutôt sombre. En notre qualité de parlementaires, nous ne pouvons fermer les yeux sur la souffrance humaine au Soudan et en Iran; nous devons intervenir.